J'ai longtemps rêvé de couchers de soleil bleu mandarine, d'une herbe rose pomme, brillant sous les gouttes de soleil. Je voudrais que tout prenne sens, que le corps à corps des mots cesse de résonner pour qu'enfin je puisse entendre le cri du silence. Les bras des lettres qui s'enlacent et les jambes des "m" qui frôlent les courbures séduisantes des majuscules traçant un ballet mondain au c½ur du vide, me laissent de marbre. Je souhaiterais, je voudrais, j'aimerais, j'aurai bien voulu, j'exige, je te somme, je t'observe.
Toujours mettre les verbes au conditionnel parce que c'est tellement mieux de ne pas vexer les autres, surtout ne pas sortir du lot et écouter les conseils des grandes personnes.
Sers-moi un verre s'il te plaît, j'ai le c½ur qui bat vite.
J'ai les pieds qui traînent deux mètres derrière moi et la tête ailleurs, le corps démembré et l'esprit qui vagabonde, rien ne s'acquiert rien ne se perd, je ne sais plus à quelle possession je peux prétendre. J'ai des playlists de dépressive, une tablette de chocolat sur la table de nuit, des bouquins qui s'entassent et toujours ces mots qui viennent se lover dans mes oreilles. J'ai des envies réprimées, des rires exagérés, une tendance à me prendre pour le centre du monde, mais j'vous jure m'sieur dames, j'me soigne. Je travaille les couleurs et les couchers de soleil, je monte le chauffage à fond parce que ce froid mordant m'achève, je m'amuse des mots et des aliénations qui vous encerclent, je pense à eux, à lui, à moi, à cet égoïsme ambiant qui rôde discrètement, au jour, à la nuit, à l'insatisfaction permanente, au nous hypothétique que j'avais fini par oublier, à la possibilité, à l'incapacité, aux enfants gâtés et à la rumeur permanente.
Va pour une clope, j'entends un bourdonnement. C'est la rumeur tu crois ?
Chacun cultive son jardin et son sourire de façade, le plus important est de montrer les dents, rester dans le rang et se mêler des affaires des autres, penser qu'on les aide en leur filant des conseils idiots, le genre de trucs sensés qu'on ferait pas nous-mêmes, se prendre pour un fin connaisseur de la nature humaine alors qu'on est complètement paumé, mais que pourtant on l'jure hein, on s'soigne. Camoufler les cernes sous un peu de maquillage, transformer la tristesse en cynisme perpétuel, finir par blesser quelqu'un parce qu'on n'a pas fait gaffe et se rendre compte qu'on en a strictement rien à foutre. Ils laissent leurs doigts courir sur les touches, ils croient qu'un dérivatif va leur faire oublier, qu'il faut juste un peu de temps, alors ils continuent de faire comme si de rien n'était, ils entament une auto-psychanalyse pas très efficace et parlent de leur résultats à leurs amis avec une appréhension latente. Transformer une histoire banale en conte philosophique et confondre maturité avec puérilité, s'écouter parler un moment et se dire qu'on est trop con, penser à tout, à rien, se laisser porter sans conviction et attendre, attendre, se laisser une chance sans vraiment y croire en espérant pourtant un petit quelque chose, penser sans cesse aux 5 W et attendre, attendre jusqu'à ce qu'un jour le bel emballage se déchire. Jeter les morceaux à la poubelle et tout recommencer.
Finalement, laisse tomber la clope. J'vais m'coucher. Dis bonsoir aux mots.
Toujours mettre les verbes au conditionnel parce que c'est tellement mieux de ne pas vexer les autres, surtout ne pas sortir du lot et écouter les conseils des grandes personnes.
Sers-moi un verre s'il te plaît, j'ai le c½ur qui bat vite.
J'ai les pieds qui traînent deux mètres derrière moi et la tête ailleurs, le corps démembré et l'esprit qui vagabonde, rien ne s'acquiert rien ne se perd, je ne sais plus à quelle possession je peux prétendre. J'ai des playlists de dépressive, une tablette de chocolat sur la table de nuit, des bouquins qui s'entassent et toujours ces mots qui viennent se lover dans mes oreilles. J'ai des envies réprimées, des rires exagérés, une tendance à me prendre pour le centre du monde, mais j'vous jure m'sieur dames, j'me soigne. Je travaille les couleurs et les couchers de soleil, je monte le chauffage à fond parce que ce froid mordant m'achève, je m'amuse des mots et des aliénations qui vous encerclent, je pense à eux, à lui, à moi, à cet égoïsme ambiant qui rôde discrètement, au jour, à la nuit, à l'insatisfaction permanente, au nous hypothétique que j'avais fini par oublier, à la possibilité, à l'incapacité, aux enfants gâtés et à la rumeur permanente.
Va pour une clope, j'entends un bourdonnement. C'est la rumeur tu crois ?
Chacun cultive son jardin et son sourire de façade, le plus important est de montrer les dents, rester dans le rang et se mêler des affaires des autres, penser qu'on les aide en leur filant des conseils idiots, le genre de trucs sensés qu'on ferait pas nous-mêmes, se prendre pour un fin connaisseur de la nature humaine alors qu'on est complètement paumé, mais que pourtant on l'jure hein, on s'soigne. Camoufler les cernes sous un peu de maquillage, transformer la tristesse en cynisme perpétuel, finir par blesser quelqu'un parce qu'on n'a pas fait gaffe et se rendre compte qu'on en a strictement rien à foutre. Ils laissent leurs doigts courir sur les touches, ils croient qu'un dérivatif va leur faire oublier, qu'il faut juste un peu de temps, alors ils continuent de faire comme si de rien n'était, ils entament une auto-psychanalyse pas très efficace et parlent de leur résultats à leurs amis avec une appréhension latente. Transformer une histoire banale en conte philosophique et confondre maturité avec puérilité, s'écouter parler un moment et se dire qu'on est trop con, penser à tout, à rien, se laisser porter sans conviction et attendre, attendre, se laisser une chance sans vraiment y croire en espérant pourtant un petit quelque chose, penser sans cesse aux 5 W et attendre, attendre jusqu'à ce qu'un jour le bel emballage se déchire. Jeter les morceaux à la poubelle et tout recommencer.
Finalement, laisse tomber la clope. J'vais m'coucher. Dis bonsoir aux mots.

